Exposition Énigmes
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Énigmes
Un processus d'altération
La série Énigmes a été exposée pendant ma résidence d’artiste à L’Estran, scène pluridisciplinaire de la ville de Guidel, en 2025.
Par la recherche de conditions météorologiques particulières, j’ai exploré l’altération radicale de la perception des surfeurs dans l’eau. Leurs corps ne sont plus que des silhouettes noires, opaques, surgissant d’une matière vibrante et lumineuse. Le néoprène uniformise, efface et réduit l’individu à une présence voire à une forme, masse, tension dans l’espace. Le contre-jour accentue l’anonymat, épure et place l’humain dans une relation directe, non hiérarchisée, avec les éléments.
Jamais héroïsé, le surfeur devient un personnage aux multiples facettes : gracieux, grotesque, bizarre, puissant, abattu, perdu. Cette esthétique fait écho à un univers littéraire, notamment baudelairien, qui a façonné ma lecture du monde, où la beauté se mêle à l’étrange, où le paysage et la nature deviennent des lieux porteurs d’une symbolique à décoder.
Oiseaux et surfeurs, habiter le même espace
Au plus près de l’eau, les oiseaux marins partagent le même espace dans un corps-à-corps millimétré avec la houle et le vent. Leurs mouvements suivent les courants d’air, leurs ailes frôlent l’ourlet des vagues. Les observer m’a inspiré une mise en miroir qui nourrit la réflexion de la série : deux manières d’évoluer dans un même milieu, l’une avec harmonie, l’autre oscillant entre fluidité et dissonance.
Ce décalage est révélé par les figures isolées dans un environnement hostile. Précaires, les corps humains se protègent, leurs visages disparaissent derrière des gestes de défense. Par un changement d’échelle, ces images questionnent notre capacité à co-habiter avec le vivant, alors que notre société l’exploite, l’épuise et le détruit. Enigmes évoque l’impasse dans laquelle nous nous trouvons, la difficulté à penser puis faire autrement, et le vertige d’un rapport au monde fondé sur la domination.
Des tirages à l’esthétique maîtrisée
Ces choix esthétiques se prolongent dans le travail d’impression. Le papier Fine Art mat renforce l’étrangeté de certaines images. À l’inverse, le papier baryté restitue avec précision le brillant des embruns, sans reflets parasites. Les impressions sont réalisées par un imprimeur professionnel spécialisé dans le tirage d’art. Chaque photographie est proposée en série limitée, signée, numérotée et accompagnée d’un certificat d’authenticité. Les tirages de l’exposition Énigmes sont disponibles sur le shop.
Créatures
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Créatures
Résidence d’artiste à L’Estran, Guidel, sept. 2025 — juin 2027.
Créatures interroge la représentation du corps des surfeuses à travers des portraits photographiés et écrits. Hébergé à L’Estran, scène pluridisciplinaire de la ville de Guidel (Morbihan), le projet est également soutenu par la Ligue de Surf de Bretagne. Après une enquête de terrain sur les spots bretons, Créatures aboutira à la création d’une exposition et d’un livre. Issues d’une première phase exploratoire ayant permis de poser les bases d’une méthode, les épreuves de travail ont été présentées au public lors du lancement du projet, le 25 avril 2026.
Un autre regard sur les surfeuses
Projet de photographie documentaire, Créatures s’attachera à montrer comment les femmes investissent l’espace de pratique, comment elles vivent leur corps dans l’eau, mais aussi en-dehors, et comment cette expérience influe sur leur rapport à elles-mêmes et aux autres.
Créatures proposera des images alternatives à celles diffusées par les réseaux sociaux, les magazines spécialisés et l’industrie du surf où le corps des surfeuses est très souvent instrumentalisé comme support de visibilité, de désirabilité et de vente. Le projet interroge ainsi les stéréotypes liés à la sexualisation et à l’objectivation des corps de femmes, problématiques qui traversent l’ensemble de la société contemporaine.
Chaque série photographique associera portraits environnementaux, images de surf et détails capturés sur la plage. Leur esthétique s’appuie sur deux axes de recherche. Le contre-jour densifie l’eau, la rend presque solide et découpe les silhouettes en lignes de force. En parallèle, le travail de la matière révèle le dialogue intime entre littoral et corps en mettant en écho textures et formes. Cette approche singulière déplace l’iconographie dominante du surf vers des images denses, incarnées, sensibles et symboliques.
Occuper l'espace public
La pratique du surf soulève la question de l’occupation de l’espace public par les femmes. Si le surf se féminise progressivement depuis les années 1990, il reste très marqué par des codes et des usages historiquement masculins. Oser prendre sa place « au pic », s’y sentir légitime, constitue pour de nombreuses surfeuses une expérience éprouvante mais déterminante. Ce positionnement participe à une prise de confiance qui dépasse le cadre sportif et se prolonge, à terre, dans d’autres dimensions de leur vie.
En donnant la parole aux surfeuses, Créatures cherchera à rendre visibles des expériences souvent marginalisées et à ouvrir une réflexion autour de l’estime de soi et de l’accès à la pratique sportive, indépendamment de l’âge, du niveau ou des capacités physiques. Le projet s’inscrira dans une perspective inclusive, attentive à la diversité des parcours et des corps.
La Bretagne constitue un terrain d’enquête particulièrement pertinent : le surf y est relativement féminisé, tandis que les conditions climatiques exigeantes limitent l’exposition des corps, déplaçant les enjeux de représentation.
Donner la parole aux femmes
L’entretien individuel, qui se déroulera sur un temps distinct du shooting, s’appuie sur une trame souple et suit une approche en entonnoir.
La conversation commence par l’expérience située du surf (trajectoire, rapport à la mer, sensations avant, pendant, après la session). Elle s’ouvre ensuite vers une réflexion plus intime sur l’image de soi et la manière d’habiter son corps dans les différents espaces (parking, plage, vestiaires de club, pic). Un temps est également consacré aux photos qui circulent (médias, réseaux sociaux, marques) et à la diffusion éventuelle des images personnelles. L’entretien aborde enfin les conditions d’accès et de maintien dans la pratique ainsi que les interactions et dynamiques locales.
Les questions privilégient des situations vécues afin de produire des matériaux à la fois sensibles et comparables.
Calendrier
Une phase exploratoire à L’Estran, où je suis en résidence depuis septembre 2025, a permis d’expérimenter le travail de terrain, d’élaborer une méthode d’entretien et de constituer un premier réseau de participantes.
La présentation de Créatures s’est déroulée lors de la session de printemps du Festival Surf & Skate Culture (organisé par L’Estran) le 25 avril 2026, consacrée à la thématique « géographie des corps », au cours de laquelle est intervenue notamment la chercheuse Valérie Cruzin-Polycarpe et le rédacteur en chef du principal magazine français Surf Session.
La phase de recherche et de production débutera en juin 2026 pour une durée de six mois. La résidence d’artiste à L’Estran sera prolongée pour une deuxième saison en 2026-2027. Elle constituera un lieu d’ancrage du projet, permettant des accrochages évolutifs ainsi que des temps d’échange avec le public au fil de l’enquête. L’année 2027 sera consacrée à la phase de restitution (exposition itinérante et livre).
Exposition Ondes Marines
Expositions
Ondes Marines
Hors production
Ondes Marines constitue la matrice de ma recherche photographique qui sera progressivement structurée. Cette série explore le paysage maritime breton comme un espace émotionnel et poétique, en privilégiant une attention à la lumière, aux textures, et aux couleurs. Des figures humaines anonymes apparaissent ponctuellement dans le paysage, introduisant une dimension narrative qui sera développée dans les séries ultérieures.
Les lieux photographiés n’ont pas été « consommés » mais explorés. Marcher fait partie d’un processus qui me permet d’être vraiment présente, sans urgence, sans objectif de production. J’étudie en amont la météo du jour — domaine qui me passionne — pour trouver des conditions particulières de lumière, de marée ou de vent. Sur place, j’observe, j’attends, j’absorbe. Si rien ne se passe, je laisse tomber la photo, jamais la contemplation.
Point de départ
Ondes Marines est née d’un mouvement de bascule. À la fois une chute et un élan vers le dehors. Photographier était un moyen non prémédité de stabiliser le cours des choses à un moment de ma vie où plus rien ne tenait debout.
La mer a toujours été une réponse. À cette période, je suis allée à sa rencontre, en plein hiver, chaque jour, par tous les temps. La photographier est devenu une nécessité. Pluie, soleil, vent, embruns me rappelaient ce qui était là avant moi, et qui le serait encore après. Que la beauté résiste à tout.
Traduire en images ce que je vivais n’était pas du tout mon intention : au contraire, j’allais dehors pour m’extraire de mon histoire et retrouver l’émerveillement. Mais sans le vouloir, j’ai laissé affleurer dans mes photos mes émotions et ma façon de voir le monde.
Avec le recul, Ondes Marines marque un point de départ. C’était la première fois, en tant que photographe professionnelle, que je mettais quelque chose de vraiment personnel dans mes images. La dernière fois, c’était quand j’étais enfant.
Des impressions de qualité musée
Je confie le soin des impressions à une entreprise morbihannaise spécialisée dans les tirages d’art. Les photos sont toutes imprimées sur du papier Fine Art, mat ou satiné, de très grande qualité. Chaque tirage est signé, numéroté et délivré avec un certificat d’authenticité. Les photographies de l’exposition Ondes Marines sont disponibles en série limitée sur le shop.
Exposition Mer & Matières
Enchanter le paysage
Mer & Matières dévoile le littoral par fragments, sans ancrage géographique, à travers une partition singulière de textures et de formes. Les jeux d’échelle, de matières et de relief créent des illusions troublantes qui libèrent l’imaginaire. Le minéral, l’eau et le végétal changent de nature, se figent en structures géométriques saisissantes ou se métamorphosent en créatures mystérieuses.
Dans un monde saturé d’images choc et de vitesse, notre attention s’émiette et les nuances nous échappent. Mer & Matières renoue avec l’émerveillement né de la simplicité et de la contemplation des détails. C’est là que la magie opère : à force de regarder le réel avec la plus grande attention, presque scientifiquement, il bascule. L’objet d’étude s’anime, sa matière se déploie et s’ouvre sur un monde insoupçonné, poétique et étrangement vivant.
L’alternance du noir et blanc et de la couleur rythme une traversée scénographiée comme un chenal. Les légendes offrent des points d’ancrage et installent un dialogue subtil avec l’artiste. La magie se renouvelle alors dans le regard des autres, en un palimpseste d’interprétations.
Structures et illusions
Mer & Matières est le fruit d’une observation attentive et intuitive. Au cours de mes balades littorales, mon regard se pose sur des motifs émergeant du paysage, attiré par des formations vieilles de millions d’années comme par des phénomènes qui durent le temps d’une marée, voire d’une seconde. Fascinée par les structures qui sous-tendent aussi bien la matière naturelle que des constructions culturelles comme les mathématiques et l’art, je photographie ces correspondances universelles pour les interroger. Le travail de la composition révèle leur caractère étonnant et leur esthétique abstraite. En somme, je me laisse surprendre et cherche à surprendre à mon tour.
Jouer avec les papiers
Les deux papiers Fine Art sélectionnés permettent aux photos de s’incarner différemment qu’à l’écran en accentuant leur dimension énigmatique. Le papier lisse et très blanc révèle les détails avec une précision remarquable, tandis que son aspect mat offre une vision nouvelle de la matière en modifiant la perception des reflets. Celui légèrement texturé à la finition argentée intrigue quant à lui par son rendu très pictural. Les impressions sont disponibles sur le shop. Chaque tirage est une œuvre d’art en série limitée, signée et numérotée. Les photos de l’exposition sont également à retrouver dans le livre Mer & Matières.




























































